L’essentiel
- Les autorités sanitaires constatent à La Réunion une sur-incidence des amputations chez les personnes diabétiques.
- La plupart des amputations commencent par une plaie du pied négligée : l’examen quotidien des pieds est essentiel.
- Ne marchez jamais pieds nus, même à la maison ou à la plage, et consultez vite en cas de plaie.
- Après une amputation, l’appareillage tient compte de la fragilité de la peau et de la protection de l’autre pied.
Une question sur votre situation ? Un orthoprothésiste vous répond et vous oriente, sans engagement.
Pourquoi le diabète peut-il conduire à une amputation ?
Avec les années, un diabète mal équilibré abîme les nerfs (neuropathie) et les artères (artériopathie). Le pied devient moins sensible : une petite blessure passe inaperçue. Elle cicatrise mal, car le sang circule moins bien, et peut s’infecter. Quand l’infection ou le manque de circulation ne peuvent plus être maîtrisés, une amputation peut devenir nécessaire.
La situation à La Réunion
Le diabète touche une part importante de la population réunionnaise. Une étude menée par l’Assurance Maladie, l’ARS La Réunion, le CHU et l’Observatoire régional de la santé a décrit une sur-incidence régionale des amputations du membre inférieur chez les patients diabétiques par rapport au niveau national. Santé publique France a également consacré en 2026 une analyse au parcours de soins des personnes diabétiques amputées à La Réunion, soulignant que ces complications sont en grande partie évitables.
Sources : ARS La Réunion ; Santé publique France, BEH 2026 ; Santé publique France, données diabète à La Réunion.
Prévenir : les bons gestes pour vos pieds
- Regardez vos pieds chaque jour, y compris sous la plante et entre les orteils, avec un miroir ou l’aide d’un proche.
- Ne marchez jamais pieds nus, ni à la maison, ni sur le sable chaud, ni dans la rivière.
- Préférez des chaussures fermées et adaptées aux savates ou tongs, qui protègent mal et blessent entre les orteils.
- Lavez et séchez soigneusement vos pieds, notamment entre les orteils, et hydratez la peau sans mettre de crème entre les orteils.
- Ne coupez pas vous-même cors et durillons : consultez un pédicure-podologue.
- Équilibrez votre diabète et suivez les consultations prévues par votre médecin.
Les signes qui doivent faire consulter rapidement
Une plaie qui ne cicatrise pas, une rougeur, un gonflement, une chaleur, un écoulement, une odeur, une coloration anormale d’un orteil ou une douleur nouvelle : consultez votre médecin sans attendre, même si la plaie ne fait pas mal. Chez la personne diabétique, une plaie du pied est une urgence médicale.
Après une amputation : un appareillage adapté
Lorsqu’une amputation n’a pas pu être évitée, l’appareillage reste possible dans de nombreux cas. Il tient compte de particularités fréquentes chez la personne diabétique :
- une peau plus fragile et une sensibilité réduite : les zones d’appui de l’emboîture sont surveillées de près ;
- un volume du moignon qui peut varier au fil de la journée ;
- la protection du pied restant, qui supporte davantage de charge ;
- une rééducation adaptée à l’état cardiovasculaire.
L’examen quotidien du moignon devient aussi important que celui du pied. Toute rougeur persistante ou plaie doit être signalée. Les étapes jusqu’à la première prothèse.
Information générale. Ce guide ne remplace pas l’avis de votre médecin ni celui de votre orthoprothésiste. Chaque situation est différente : en cas de doute, de douleur ou de plaie, contactez votre équipe soignante.
Questions fréquentes
Une amputation liée au diabète peut-elle être appareillée ?
Oui, dans de nombreux cas. La décision dépend de la cicatrisation, de l’état général et des objectifs du patient. Elle est prise avec le médecin, souvent en centre de rééducation.
Le diabète empêche-t-il de porter une prothèse ?
Non, mais il demande une vigilance particulière : surveillance quotidienne de la peau, emboîture parfaitement ajustée, consultation rapide en cas de rougeur ou de plaie.
