L’essentiel
- La prothèse se prépare dès la cicatrisation, avec les soins et la mise en forme du moignon.
- Une prothèse provisoire permet de commencer à marcher en rééducation, le plus souvent en centre de SMR.
- La prothèse définitive est réalisée quand le volume du moignon est stabilisé, souvent plusieurs mois après.
- Médecin MPR, kinésithérapeute, ergothérapeute et orthoprothésiste travaillent en équipe autour de vous.
Une question sur votre situation ? Un orthoprothésiste vous répond et vous oriente, sans engagement.
Combien de temps après une amputation peut-on avoir une prothèse ?
Il n’y a pas de délai unique. La première prothèse, dite provisoire, est envisagée quand la cicatrice est fermée et que le moignon tolère l’appui, souvent quelques semaines après l’intervention. La prothèse définitive vient plus tard, une fois le volume du moignon stabilisé, ce qui prend généralement plusieurs mois.
Le calendrier dépend de la cause de l’amputation, de la qualité de la cicatrisation, de votre état général et de la rééducation. Chez une personne diabétique ou atteinte d’artérite, la cicatrisation peut être plus lente : c’est l’équipe médicale qui donne le feu vert.
Étape 1 : la cicatrisation et les soins du moignon
Dans les jours qui suivent l’intervention, les priorités sont la cicatrisation, la gestion de la douleur et la prévention des complications. Quelques principes reviennent souvent dans les consignes des équipes :
- respecter les pansements et les soins prescrits ;
- garder une bonne position du membre : par exemple, éviter de laisser le genou plié longtemps ou de placer un coussin sous le moignon, pour ne pas créer de raideur (flessum) qui gênerait ensuite l’appareillage ;
- bouger et renforcer les muscles dès que l’équipe l’autorise.
Étape 2 : préparer le moignon à l’appareillage
Après une amputation, le moignon est gonflé (œdème). Pour qu’il prenne une forme stable et compatible avec une emboîture, l’équipe prescrit souvent un bonnet compressif ou des bandages. La désensibilisation de la peau (massages, contacts progressifs) et le renforcement musculaire préparent aussi la suite. Lire notre guide sur le bonnet compressif.
Étape 3 : la prothèse provisoire
L’orthoprothésiste réalise un moulage ou un scan du moignon, puis une emboîture adaptée. Cette première prothèse permet de commencer la verticalisation et la marche, en sécurité, avec le kinésithérapeute. Le moignon continuant à diminuer de volume, l’emboîture peut être refaite une ou plusieurs fois : c’est normal.
Si vous êtes hospitalisé ou en centre de rééducation, l’orthoprothésiste peut intervenir sur place, en lien avec l’équipe soignante.
Étape 4 : la rééducation à la marche
La rééducation apprend à enfiler la prothèse, à se lever, à marcher entre les barres parallèles puis avec ou sans aides techniques, à monter un escalier, à se relever d’une chute. Elle se déroule souvent en centre de soins médicaux et de réadaptation (SMR), puis en ville. La régularité compte plus que l’intensité.
Étape 5 : la prothèse définitive
Quand le volume du moignon ne varie plus de manière importante, la prothèse définitive est réalisée. Ses composants (pied, genou, manchon, système de fixation) sont choisis selon votre niveau d’activité réel et vos objectifs : marche à domicile, travail, randonnée, sport. Découvrir nos prothèses du membre inférieur.
Sensations et douleurs fantômes : est-ce normal ?
Oui, beaucoup de personnes amputées ressentent encore le membre absent (sensations fantômes), parfois de façon douloureuse (douleurs fantômes). Ces phénomènes sont fréquents et ne signifient pas que quelque chose ne va pas. Parlez-en à votre médecin : des traitements et des techniques de rééducation existent.
La place des proches
Les proches sont souvent présents aux rendez-vous. Ils peuvent aider à surveiller la peau du moignon, encourager la rééducation et adapter le logement. Ils sont les bienvenus au cabinet, avec votre accord.
Information générale. Ce guide ne remplace pas l’avis de votre médecin ni celui de votre orthoprothésiste. Chaque situation est différente : en cas de doute, de douleur ou de plaie, contactez votre équipe soignante.
Questions fréquentes
Peut-on être appareillé à un âge avancé ?
L’âge seul n’est pas une contre-indication. La décision dépend de l’état de santé, des capacités cardiaques et musculaires, de l’équilibre et du projet de vie. Pour certaines personnes, l’objectif est la marche à l’intérieur et les transferts : c’est déjà un gain important d’autonomie.
Combien de prothèses provisoires faut-il ?
Cela varie. Selon l’évolution du volume du moignon, l’emboîture provisoire peut être refaite une ou plusieurs fois avant la prothèse définitive. Votre orthoprothésiste vous l’explique au fur et à mesure.
Qui prescrit la première prothèse ?
En principe un médecin spécialiste, le plus souvent le médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR) qui suit votre rééducation. Voir la prise en charge.
